Communiqué de presse Pour diffusion immédiate
PLUS DE 80 ONG ET 93% DES CANADIENS ET CANADIENNES
RÉCLAMENT DÈS MAINTENANT L’ÉTIQUETAGE OBLIGATOIRE DES OGM
Ottawa, 6 juin 2001- Plus de 80 ONG s’adressent au
gouvernement canadien pour qu’il écoute les citoyens et
citoyennes qui réclament, majoritairement, l’étiquetage
obligatoire
des OGM (organismes génétiquement modifiés). La demande de
ces groupes coïncide avec la deuxième heure de débat en
Chambre des Communes du projet de loi privée C-287.
S’il était adopté, ce projet de loi (C-287), présenté par le
député
libéral Charles Caccia, obligerait les compagnies
agroalimentaires
à étiqueter les produits contenant des OGM. « Nous sommes
inquiets pour l’avenir de ce projet de loi à moins qu’un nombre
suffisant de députés et notamment
le ministre de la Santé, Allan
Rock, votent pour qu’il soit renvoyé au Comité permanent de la
santé de la Chambre des Communes et qu’il revienne pour un
vote final cet automne », précise
Éric Darier de Greenpeace.
Une lettre d’appui au projet de loi C-287 circule à travers le
Canada. À ce jour, plus de 80 organisations l’ont signé et
promettent de mobiliser leurs
membres pour qu’ils fassent des
pressions auprès de leur député, qui seront dans leur comté cet
été.
« Pour qu’un débat démocratique ait lieu enfin à la Chambre des
Communes sur l’étiquetage obligatoire des produits contenant des
OGM, une majorité de députés devront appuyer ce projet de loi »,
affirme Nadège Adam, responsable du dossier santé pour le
Conseil des Canadiens.
« Bien peu de projets obtiennent 93% d’appui du public sans
interruption depuis 6 ans »,
ajoute-t-elle.
« On nous dit que les salaires des députés seront augmentés parce
qu’ils prenaient du retard par rapport au reste du monde », note
Éric Darier. Pendant ce temps, 35
pays, totalisant près d’un
milliard d’habitants, ont imposé
un étiquetage obligatoire. «
Comment se fait-il que notre
gouvernement se montre aussi
réticent à adopter une loi sur
l’étiquetage obligatoire qui nous
permettrait de rattrapper notre retard dans ce domaine ? »,
questionne Éric Darier.
Un étiquetage obligatoire permettrait également de
maintenir notre
concurrence sur le marché mondial. Les marchés étrangers,
comme l’Europe et le Japon, veulent uniquement acheter des
produits canadiens sans OGM que
ce soit de la bière, du soja ou
du blé.
Le projet de loi C-287 tombe à point puisque le rapport de la
Société royale du Canada, qui a proposé 53 recommandations
pour réformer en profondeur le processus d’autorisation des
OGM, semble toujours être ignoré
par le gouvernement.
Mesdames les députées et messieurs les députés de la
Chambre
des communes,
Nous soussignés appuyons fermement le projet de loi C-287
prévoyant l’étiqutage obligatoire des aliments génétiquement
modifiés (GM). Nous voudrions d’abord vous demander
d’approuver le renvoi du projet de loi C-287 pour examen, au
Comité sur la Santé. Puis, nous vous recommandons vivement
d’appuyer et de voter en faveur
de ce projet de loi. Il y a six
raisons fondamentales pour lesquelles le projet de loi mérite
votre appui :
Le processus démocratique exige, selon nous, de soumettre
le projet de loi au Comité, d’autant plus qu’il n’y a pas
encore eu de débats à ce sujet à
la Chambre des communes.
En outre, la question des aliments transgéniques soulève de
profondes inquiétudes au sein du public. En 1999, 35 pour
cent des Canadiens disaient être
vraiment préoccupés par
les OGM, alors que ce pourcentage bondissait à 70 pour
cent en l’an 2000.
La loi donnera aux consommateurs le droit de savoir ce
qu’ils mangent ainsi que le droit
de choisir leurs aliments. De nombreux sondages effectués, de
1995 à l’an 2000, par des
organismes gouvernementaux ou indépendants des
gouvernements, ont régulièrement
démontré que plus de 90
pour cent des Canadiens veulent
que les aliments transgéniques soient étiquetés. À l’heure
actuelle, nous étiquetons
différemment le jus d’orange selon qu’il estcongelé ou
fraîchement pressé. C’est dans ce même état d'esprit que nous devons étiqueter la nourriture transgénique dont l’ADN a été
modifié par un procédé biotechnologique.
Dans la réglementation canadienne, il existe déjà un
précédent en faveur de
l’étiquetage obligatoire: «même
les aliments préemballés contenant plus de 10 %
d’ingrédients irradiés doivent comporter une étiquette donnant la liste de ces ingrédients,
précédés de la mention irradié. (Règlement sur les aliments et drogues - Article B.01.035.6).
Par conséquent, l’argument selon
lequel il n’existe au Canada
aucun précédent relativement à l’étiquetage d’un processus
est erroné.» (Rapport de la
Société Royale du Canada,2001, p.245)
L’étiquetage obligatoire est rapidement en train de devenir la
norme à l’échelle internationale. Le Japon, la Chine, Hong-Kong, le
Royaume-uni et 14 autres pays de l’Union européenne, l'Australie,
la Nouvelle-Zélande, l’Indonésie et la Corée du Sud ont tous
instauré l’étiquetage obligatoire ou sont en train de le mettre en
place. Plus de 30 pays du monde entier ont posé des gestes en
faveur de l’étiquetage des produits GM, y compris sur les importations, la moitié
des décisions ayant été prises au
cours de la dernière année..
En outre, le CODEX est en train d’établir des normes
internationales concernant
l’étiquetage des aliments
transgéniques. De plus, le Canada
a récemment signé le Protocole sur la Biosécurité, lequel
réclame aussi un système
d’étiquetage obligatoire pour le commerce international. Le
Canada est de plus en plus à la
traîne dans la course à l’étiquetage des aliments GM, ce
qui pourrait affecter de façon désastreuse nos exportations.
Le gouvernement fédéral a ordonné la création d’un comité
indépendant formé d’experts
scientifiques. Le comité, dont
la Société Royale du Canada (SRC)
est l’organisatrice,devait se
pencher sur notre système de réglementation de la biotechnologie alimentaire. Dans
son rapport, la SRC a relevé de
nombreuses faiblesses affligeant le régime de réglementation
canadien, et elle a présenté 53
recommandations visant à
améliorer notre système. Certains
commentateurs ont laissé entendre
que le rapport exige seulement l’étiquetage volontaire. Mais ils
semblent ignorer le fait que la
SRC a également affirmé que: «ces
conclusions reposent sur
l’hypothèse que les autres
recommandations de ce rapport en
ce qui concerne les directives d’évaluation et de gestion
efficaces des risques des organismes génétiquement modifiés seront pleinement mises en place
par les agences de réglementation.» (SRC , p.247)
Pourtant, le gouvernement
n’a entériné aucune de ces
recommandations et ne s’est pas
engagé à le faire. Dans ce
contexte, l’étiquetage obligatoire
dès maintenant représente la
façon responsable d’agir.
Vingt-huit organismes non gouvernementaux (ONG) ont
discrédité et boycotté le Comité sur l’étiquetage volontaire des aliments obtenus ou non obtenus
par la modification génétique
depuis sa création par le
gouvernement fédéral en novembre
1999. Les ONG ont soutenu que la composition du comité était biaisée, 80 % de ses membres
étant en faveur de l’industrie. Ils considèrent en outre que le
Comité aurait dû discuter de l’étiquetage obligatoire.
Ajoutons que l’approche retenue par le comité va avoir pour résultat de faire reposer la responsabilité de l’étiquetage
sur les entreprises utilisant des aliments traditionnels ; la
responsabilité n’incombera donc pas aux compagnies qui utilisent
les nouveaux aliments transgéniques.
Le comité en question a déjà pris
plus de temps à définir ses normes qu’on ne l’aurait cru. Les
craintes des ONG au sujet de l’existence d’un parti-pris ont reçu une confirmation l’année dernière lorsque l’ex-présidente
du comité, madame Lee-Ann Murphy, a quitté son poste pour devenir une des responsables des
relations publiques pour la compagnie de biotechnologie Monsanto.
Étant donné toutes ces
préoccupations, nous vous demandons vivement d’appuyer le projet de loi et le processus d'examen chargé d'en établir les mérites. Si vous désirez plus de
renseignements concernant les
exigences en matière d'étiquetage
obligatoire dans d’autres pays,
n’hésitez-pas à rejoindre un de
nos organismes.
Veuillez agréer l'expression de
nos sentiments les meilleurs,
LISTE DES GROUPES SIGNATAIRES (EN DATE DU 7 JUIN 2001)
Action Reseau Consommateur
Animal Alliance of Canada
Bringing You Towards Equality
Society - Yukon
BC Biotechnology Circle
Biotech Action Montreal (BAM)
Biotech Working Group, MB
Blue-Green Society
Canadian Association of
Physicians for the Environment, Canada
Canadian Biotechnology Action Network (CBAN) - Manitoba
Canadian Biotechnology Action Network (CBAN) - ON
Canadian Coalition for Nuclear Responsibility
Canadian Environmental Defence Fund - ON
Canadian Environmental Law Association - ON
Canadian Federation of Students
Canadian Health Coalition
Canadian Institute For Environmental Law And Policy
Canadian Labour Congress
Canadian Organic Growers
Caretakers of the Environment
Certified Organic Associations of B.C.
Citizens' Environment Alliance
Clearinghouse Group
Club ornithologique du Madawaska
Conseil central du Montreal metropolitain (CSN)
Conservation Council of New Brunswick
Council of Canadians
CUSO Canada
Earth Action
Enviro-Clare
Environmental Coalition of Prince Edward Island
Enviornmental Law Centre - Alberta
Falls Brook Centre, NB
Farm Folk / City Folk Society, BC
FoodAlert
FoodShare Toronto
Ford Alward Naturalist Association, NB
Friends of the Earth
Federation des ACEF du Quebec
Gander Region Environmental Group
GeneAction Toronto
Great Lakes United / Union Saint-Laurent, Grands Lacs
Green Campus Society
Greenpeace Canada
Guideposts for a Sustainable Future
Halifax Mobilization for Global Justice
ICUCEC (Inter-Church Uranium Committee Educational Co-
operative)
Island Residents Against Toxic Environments (IRATE)
Labour Environmental Alliance
MacKillop Centre for Social Justice
Mouvement Au Courant
National Farmers Union
Nature Saskatchewan, SK
New Brunswick Partners In Agriculture
New Green Alliance
Ontario Natural Food Co-op
Organic Crop Improvement Association - NB
Organic Food Council of Manitoba
PEI Association for Newcomers to Canada
PEI Health Coalition
PEI Mobilization for Global Justice
Pender Islands (BC) Conservancy Association
People Against Nuclear Energy (and FOR a new perspective on
energy)
Ploughshares Saskatoon
Poetical Asylum
Polaris Institute
Rural Advancement Foundation International, Canada
Saskatchewan Environmental Society
Saskatoon Greens
Seniors Network - BC
Sierra Club of Canada
Sierra Legal Defense Fund
Sierra Youth Coalition- Northern Chapter
Society Promoting Environmental Conservation - BC
Students for Environmental Action
Tantramar Environmental Alliance - NB
The Garden Institute of Alberta
The Green Campus Society - SK
The Ram's Horn - BC
Tusket River Environmental Protection Association (NS)
Univ. of Manitoba Recycling & Env. Group
World Society for the Protection of Animals
Zoocheck Canada
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